Quatrième extrait de ma vie.
15 Novembre 1998.
Après une rapide toilette et un déjeuner consistant, le français se dirige vers le même guide depuis son arrivée ici. L'impatience se lisant sur son visage rougi par le soleil.
" - Aujourd'hui, on va faire un tour du côté du Mont Kenya, l'informe t-il. "
C'est avec excitation qu'Ilias acquiesce, pressé d'être au pied de cette montagne. Sans perdre de temps, ils grimpent dans le véhicule. La route est assez longue et on ne peut pas dire que ce soit une voiture de sport.
Ces cinq jours sont passés relativement vite. Après avoir fait le tour de la réserve, avoir découvert toutes sortes de choses, le voilà déjà à la fin. Ce sera sa dernière expédition, et son appareil photo est déjà au bord de l'étouffement.
Plusieurs heures passent et les voilà enfin devant cet imposant mont. Le paysage est magnifique. Déjà que les autres étaient beaux, mais alors lui est vraiment... Magique. Oui, c'est un mot surement approprié.
Les flancs de la montagne sont enveloppés par une forêt dense d'un beau vert, contrastant avec la savane doré et les roches grises.
Ils descendent tout deux de la Jeep.
" - On va continuer à pied.
- Bien. "
Erevu, le guide, se muni d'un fusil de chasse. Evidemment les prédateurs doivent rôder, vaut mieux bien être équipés. Normalement, ils devraient voyager à plusieurs, mais Ilias souhaitait découvrir ça avec une certaine intimité. Assez égoïste et dangereux, mais on ne peut lui en vouloir.
Ils s'enfoncent aussitôt dans la forêt. Elle est énorme, mais en deux heures ils devraient avoir terminé de la traverser. Il n'est que 10h du matin, ils ont le temps avant d'arriver au moins à la moitié du Mont Kenya. Puis redescendre.
La faune détale en les voyant débouler. Les oiseaux piaillent comme jamais, tranquillement posés sur les branches des hauts arbres. Il y a même quelques chimpanzés courant de tout les côtés, curieux.
Le jeune homme n'oublie pas de prendre ces instants unique en image. Tout le long du chemin, Erevu lui explique ci et ça. Donnant les noms des plantes ainsi que leur spécificités. N'omettant pas non plus de détailler les différents animaux qu'ils croisent et réussissent à approcher sans brusquerie.
Enfin, ils arrivent à la lisière de toute cette végétation. Les jambes d'Ilias commencent sérieusement à le faire souffrir. Il peste contre cette maladie de pacotille, l'empêchant de mener à bien ce qu'il souhaite.
" - Erevu, on peut se poser et manger ?
- Bien sur. "
Bonne excuse pour pouvoir se reposer un peu.
Il s'assied sur une pierre tout en déposant son sac à dos au sol qu'il ouvre. En extirpant une bouteille d'eau fraiche, il la vide de moitié.
Une fois sa soif étanchée, il sort son sandwich et se met à manger tout en massant ses articulations maudites.
" - Tu te sens bien ?
- Oui ne t'inquiètes pas. Je n'ai pas l'habitude de marcher, rit-il le plus aisément possible. "
En réalité, il souffre le martyr mais ne veux en laisser rien paraitre. Non, rien ne freinera son avancée. Aucun obstacle face aux objectifs qu'il s'est fixé. C'est son corps, c'est lui qui le commande. Ses membres vont obéir, un point c'est tout.
Après une dizaine de minutes à l'ombre d'un arbre géant, ils repartent. Le petit bois de bambous leur ouvre ses portes. De longues tiges vertes de quelques mètres de hauteurs, ayant pris place aux abords du chemin de terre semble les mépriser de toute leur splendeur.
Ilias chasse d'un geste de la main les quelques insectes venus le titiller.
Des fleurs jaunes, parsemant l'herbe d'une touche de soleil ont même poussées ici, défiant la chaleur étouffante.
Pour la deuxième fois depuis son arrivée dans ce pays, il se sent bien.
L'escapade dure encore une heure. Le beau brun à la peau bronzé à de plus en plus de mal à avancer. Son dos lui lance des alertes incessantes, lui rappelant que ses os sont sur le point de se broyer. Mais il les ignore, pensant que ça passera. Après tout, ça passe toujours. Ce moment magique ne fera pas exception à la règle.
Ils montent encore quelques bonnes centaines de mètres, à travers les feuilles de bambous, effleurant et écorchant leurs bras et jambes nus, avant de déboucher sur une sorte de clairière. Ici, il n'y a que de la pierre. Enfin, il ont réussi à atteindre une bonne partie du Mont.
" - On va encore monter un peu. Tu verras le paysage, magnifique. "
Il acquiesce silencieusement et d'un même mouvement, ils reprennent la route. C'est assez raide, et les petits cailloux ne sont pas là pour faciliter la tâche. Mais c'est sans encombre qu'ils parviennent à une hauteur convenable.
Un petit bruissement de feuilles se fait entendre et, tout à coup, un daman fait son apparition devant les deux hommes. Le français retient un cri de surprise mais sourit rapidement avant de prendre l'animal assez proche en photo.
Malgré le geste précipité de l'homme, la petite marmotte n'a pas fui. Bien au contraire, elle regarde les deux intrus d'un ½il curieux, le museau légèrement incliné vers eux.
Ilias commence à rire devant cet être vivant mais une toux s'empare de sa gorge. Il se tient le torse tout en protégeant sa bouche d'une main. Ses poumons lui font sévèrement mal.
Le guide s'inquiète et s'approche afin de tapoter son dos.
" - Calmes-toi, respires.
- Fa... Hmphf... Facile à dire. "
Difficilement, après plusieurs longues secondes, sa gorge ne l'irrite plus. Il sourit pour montrer à son compagnon que tout va bien. Ce dernier soupire de soulagement avant de se retourner pour prendre de l'eau. Pendant ce temps, Ilias essuie discrètement sa main sur le côté de la pierre sur laquelle il est assis. Cette dernière prend aussitôt une couleur rouge.
Il ferme un instant les yeux, essayant de ne pas penser à ce petit incident. Une fois les pensées saines, il les rouvre et attrape la bouteille que lui tend Erevu.
" - Merci.
- Tu es malade ? demande t-il tout à coup.
- N..Non, pas spécialement.
- Bien. "
Il n'a pas l'air d'y croire mais il ne rétorque rien, se contentant de hausser un sourcil anxieux vers son visiteur.
Une fois la gorge rafraichit, le jeune français jette un coup d'½il au paysage. Il en reste bouche-bée. Tout ce qu'ils ont traversés jusque là s'étend à perte de vue. Le soleil, présent comme toujours, fait scintiller ces arbres et herbes de toute leur somptuosité, accentuant la magnificence et la beauté du lieu.
Et, même au delà de la forêt, il peut apercevoir la savane sèche.
Des larmes d'émotion viennent perler dans ses yeux, sans pour autant couler. Son c½ur étriqué par la vue qu'on lui offre ne lui fait pourtant pas mal. Il est juste bien, là.
Après une vingtaine de minute à contempler ce petit coin paradisiaque silencieusement, ils se lèvent pour descendre ce qu'ils viennent de gravir.
~
Oui, je sais. J'ai quelque peu oublié cette histoire, et j'en suis désolé.
Mais je reviens ! De nouvelles idées se bousculent dans ma tête ^^ .
Merci à celles toujours présentes !
Beez" <3 .
Pix : Un Daman.

