Chapitre 4 .

Chapitre 4 .
Quatrième extrait de ma vie.


15 Novembre 1998.


Après une rapide toilette et un déjeuner consistant, le français se dirige vers le même guide depuis son arrivée ici. L'impatience se lisant sur son visage rougi par le soleil.

" - Aujourd'hui, on va faire un tour du côté du Mont Kenya, l'informe t-il. "

C'est avec excitation qu'Ilias acquiesce, pressé d'être au pied de cette montagne. Sans perdre de temps, ils grimpent dans le véhicule. La route est assez longue et on ne peut pas dire que ce soit une voiture de sport.
Ces cinq jours sont passés relativement vite. Après avoir fait le tour de la réserve, avoir découvert toutes sortes de choses, le voilà déjà à la fin. Ce sera sa dernière expédition, et son appareil photo est déjà au bord de l'étouffement.

Plusieurs heures passent et les voilà enfin devant cet imposant mont. Le paysage est magnifique. Déjà que les autres étaient beaux, mais alors lui est vraiment... Magique. Oui, c'est un mot surement approprié.
Les flancs de la montagne sont enveloppés par une forêt dense d'un beau vert, contrastant avec la savane doré et les roches grises.
Ils descendent tout deux de la Jeep.

" - On va continuer à pied.
- Bien. "


Erevu, le guide, se muni d'un fusil de chasse. Evidemment les prédateurs doivent rôder, vaut mieux bien être équipés. Normalement, ils devraient voyager à plusieurs, mais Ilias souhaitait découvrir ça avec une certaine intimité. Assez égoïste et dangereux, mais on ne peut lui en vouloir.
Ils s'enfoncent aussitôt dans la forêt. Elle est énorme, mais en deux heures ils devraient avoir terminé de la traverser. Il n'est que 10h du matin, ils ont le temps avant d'arriver au moins à la moitié du Mont Kenya. Puis redescendre.

La faune détale en les voyant débouler. Les oiseaux piaillent comme jamais, tranquillement posés sur les branches des hauts arbres. Il y a même quelques chimpanzés courant de tout les côtés, curieux.
Le jeune homme n'oublie pas de prendre ces instants unique en image. Tout le long du chemin, Erevu lui explique ci et ça. Donnant les noms des plantes ainsi que leur spécificités. N'omettant pas non plus de détailler les différents animaux qu'ils croisent et réussissent à approcher sans brusquerie.

Enfin, ils arrivent à la lisière de toute cette végétation. Les jambes d'Ilias commencent sérieusement à le faire souffrir. Il peste contre cette maladie de pacotille, l'empêchant de mener à bien ce qu'il souhaite.

" - Erevu, on peut se poser et manger ?
- Bien sur. "


Bonne excuse pour pouvoir se reposer un peu.
Il s'assied sur une pierre tout en déposant son sac à dos au sol qu'il ouvre. En extirpant une bouteille d'eau fraiche, il la vide de moitié.
Une fois sa soif étanchée, il sort son sandwich et se met à manger tout en massant ses articulations maudites.

" - Tu te sens bien ?
- Oui ne t'inquiètes pas. Je n'ai pas l'habitude de marcher,
rit-il le plus aisément possible. "

En réalité, il souffre le martyr mais ne veux en laisser rien paraitre. Non, rien ne freinera son avancée. Aucun obstacle face aux objectifs qu'il s'est fixé. C'est son corps, c'est lui qui le commande. Ses membres vont obéir, un point c'est tout.
Après une dizaine de minutes à l'ombre d'un arbre géant, ils repartent. Le petit bois de bambous leur ouvre ses portes. De longues tiges vertes de quelques mètres de hauteurs, ayant pris place aux abords du chemin de terre semble les mépriser de toute leur splendeur.
Ilias chasse d'un geste de la main les quelques insectes venus le titiller.
Des fleurs jaunes, parsemant l'herbe d'une touche de soleil ont même poussées ici, défiant la chaleur étouffante.
Pour la deuxième fois depuis son arrivée dans ce pays, il se sent bien.

L'escapade dure encore une heure. Le beau brun à la peau bronzé à de plus en plus de mal à avancer. Son dos lui lance des alertes incessantes, lui rappelant que ses os sont sur le point de se broyer. Mais il les ignore, pensant que ça passera. Après tout, ça passe toujours. Ce moment magique ne fera pas exception à la règle.
Ils montent encore quelques bonnes centaines de mètres, à travers les feuilles de bambous, effleurant et écorchant leurs bras et jambes nus, avant de déboucher sur une sorte de clairière. Ici, il n'y a que de la pierre. Enfin, il ont réussi à atteindre une bonne partie du Mont.

" - On va encore monter un peu. Tu verras le paysage, magnifique. "

Il acquiesce silencieusement et d'un même mouvement, ils reprennent la route. C'est assez raide, et les petits cailloux ne sont pas là pour faciliter la tâche. Mais c'est sans encombre qu'ils parviennent à une hauteur convenable.
Un petit bruissement de feuilles se fait entendre et, tout à coup, un daman fait son apparition devant les deux hommes. Le français retient un cri de surprise mais sourit rapidement avant de prendre l'animal assez proche en photo.
Malgré le geste précipité de l'homme, la petite marmotte n'a pas fui. Bien au contraire, elle regarde les deux intrus d'un ½il curieux, le museau légèrement incliné vers eux.
Ilias commence à rire devant cet être vivant mais une toux s'empare de sa gorge. Il se tient le torse tout en protégeant sa bouche d'une main. Ses poumons lui font sévèrement mal.
Le guide s'inquiète et s'approche afin de tapoter son dos.

" - Calmes-toi, respires.
- Fa... Hmphf... Facile à dire. "


Difficilement, après plusieurs longues secondes, sa gorge ne l'irrite plus. Il sourit pour montrer à son compagnon que tout va bien. Ce dernier soupire de soulagement avant de se retourner pour prendre de l'eau. Pendant ce temps, Ilias essuie discrètement sa main sur le côté de la pierre sur laquelle il est assis. Cette dernière prend aussitôt une couleur rouge.
Il ferme un instant les yeux, essayant de ne pas penser à ce petit incident. Une fois les pensées saines, il les rouvre et attrape la bouteille que lui tend Erevu.

" - Merci.
- Tu es malade ?
demande t-il tout à coup.
- N..Non, pas spécialement.
- Bien. "


Il n'a pas l'air d'y croire mais il ne rétorque rien, se contentant de hausser un sourcil anxieux vers son visiteur.
Une fois la gorge rafraichit, le jeune français jette un coup d'½il au paysage. Il en reste bouche-bée. Tout ce qu'ils ont traversés jusque là s'étend à perte de vue. Le soleil, présent comme toujours, fait scintiller ces arbres et herbes de toute leur somptuosité, accentuant la magnificence et la beauté du lieu.
Et, même au delà de la forêt, il peut apercevoir la savane sèche.

Des larmes d'émotion viennent perler dans ses yeux, sans pour autant couler. Son c½ur étriqué par la vue qu'on lui offre ne lui fait pourtant pas mal. Il est juste bien, là.

Après une vingtaine de minute à contempler ce petit coin paradisiaque silencieusement, ils se lèvent pour descendre ce qu'ils viennent de gravir.


~


Oui, je sais. J'ai quelque peu oublié cette histoire, et j'en suis désolé.
Mais je reviens ! De nouvelles idées se bousculent dans ma tête ^^ .

Merci à celles toujours présentes !
Beez" <3 .


Pix : Un Daman.

# Posté le samedi 10 mai 2008 11:43

Modifié le dimanche 11 mai 2008 07:28

Chapitre 5 .

Chapitre 5 .
Cinquième extrait de ma vie.


20 Novembre 1998.


La chaleur de l'Afrique laisse place à la beauté de l'Inde, Delhi plus précisément. Je me promène tranquillement dans une rue, à la recherche d'une auberge. On a l'impression que les maisons s'entassent les unes sur les autres, étouffant l'atmosphère de leurs murs fissurés de couleur sable et gris.
D'après le plan que je tiens dans mes mains, il devrait y avoir ce que je cherche trois rues plus loin. J'ai demandé quelques renseignements à des habitants qui m'ont dit que cette maison n'hébergeait que des étrangers, en échange de leurs muscles pour aider.

Je m'arrête un moment pour acheter une bouteille d'eau. Le soleil est aussi écrasant qu'en Afrique, mais le monde autour de moi diminue largement l'oxygène dans l'atmosphère. C'est vraiment fatiguant, mais toute cette vie me plaît.

Je parcours les quelques centaines de mètres qu'il me reste avant de me retrouver face à cette étrange auberge. Elle est situé dans une ruelle, plutôt discrète. Elle est faite de pierre, avec une petite plaque indiquant le nom.

" Chittesh "

On pourrait facilement la louper. Mais j'aime bien la signification : esprit. Je sens que je vais bien me plaire ici. Sachant que c'est pour des étrangers, ils doivent certainement parler Anglais.
J'entre en poussant la porte faite dans un bois léger mais assez solide. Une petite salle couleur beige se présente à moi, propre et assez accueillante. Un escalier est situé en face, vers la droite. De l'autre côté, il y a un bureau avec une vieille dame. Je dirais cinquante ans, peut-être plus.
Elle me fait signe de m'approcher et j'obtempère en souriant. Le sol est en ciment où certains endroits sont recouverts d'un tapis de couleur bordeaux. Le tout dans un joli décor oriental.
Une fois que j'ai atteint le bureau, je prends la parole en anglais.

" - Bonjour Madame, excusez-moi, je ne parle qu'anglais.
- Je comprends.
- Ah,
souriais-je, Serait-il possible d'avoir une chambre ?
- Connaissez-vous les règles de cette maison ?
- Oui. Travailler, mais ne rien payer.
- Bien, alors c'est ok. Avez-vous des talents particuliers ?
- Et bien... Je sais cuisiner. Mais je peux aussi aider en faisant des courses, toutes sortes de réparations et pourquoi pas du ménage.
- On a déjà une invité qui s'occupe uniquement du ménage. Mais vous êtes le bienvenu pour quelques réparations. Ce bâtiment tombe en ruine !
- Ça ne me dérange pas.
- Bien, inscrivez votre nom sur ce cahier, signez, et je vous amène jusqu'à votre chambre. "


J'acquiesce en silence et m'empare du stylo noir qu'elle me tend. Après avoir gribouillé mon prénom et nom, je la suis.
Elle prend l'escalier qui craque sous nos pas. Il n'y a qu'un étage aparemment. Elle pointe du doigt une porte.

" - Là, c'est la salle de bain commune. Il y a beaucoup de chose à arranger là-dedans, mais on s'occupera de ça plus tard. "

On avance de quelques mètres puis elle finit par s'arrêter et mettre la clé dans la serrure d'une de ces portes.

" - Et voici votre chambre. Ce n'est pas du grand luxe, mais il y a le minimum. "

Je la remercie puis elle s'en va, me recommandant de ranger mes affaires puis de la rejoindre pour manger dans la cuisine qui se trouve au rez-de-chaussé. Une fois là-bas, je ferais la connaissance des autres hôtes et de la vraie propriétaire.
Ma chambre provisoire est plutôt accueillante. Bien sur, j'aurais un peu de poussière à balayer, mais ce ne sera pas grand chose.
J'ouvre la seule fenêtre de la pièce, laissant entrer les lumineux rayons du soleil. L'intense chaleur me donne quelques peu le tournis, mais je pense que je m'y ferais.
Je m'attaque ensuite au déballage de mon unique valise, un grand sourire aux lèvres. Je ne sais pas si cette "expédition" - en quelque sorte - sera meilleure que celle au Kenya, mais je compte bien profiter pleinement des richesses de ce pays.

Une fois les habits mis dans l'armoire propre et la photo de ma famille sur le chevet, je descends. Retrouvant la bonne femme toujours derrière son bureau, telle une statue, je lui demande où se trouve la cuisine.

" - Derrière cette porte. Tout le monde mange ensemble. "

Je souris en guise de remerciement et ouvre la soi-disant porte, qui se trouve à deux pas de l'escalier. Elle est discrète étant donné qu'un grand tableau orne le mur juste à côté. On aurait plutôt tendance à poser nos yeux sur cette peinture reflétant un paysage ensoleillé, une rivière plongeant dans un lac aux couleurs sombre. Ce dernier est entouré d'une énorme jungle. Magnifique.
J'ouvre la porte et déboule dans une pièce plutôt spacieuse. Une grande table rectangulaire est placée au milieu où deux personnes sont déjà installés. Je les salue d'un signe de tête et d'un sourire. Sans que je ne m'y attende, un coup d'électricité se répand dans ma colonne vertébrale, du bas jusqu'au haut. Rien qu'à cause d'un geste anodin.
Heureusement que l'habitude a forgé mon visage à rester impassible. Je m'assois à leurs côtés, mine de rien et ouvre la conversation.

" - Bonjour, je m'appelle Ilias, et vous ? "

La première personne, une petite brune aux yeux d'un marron profond me répond. Elle a la peau basané et un joli visage ovale, angélique.

" - Je suis Satya. Enchantée. "

Son sourire m'en arrache un autre et je tourne ma tête vers la deuxième femme. Elle a l'air assez âgée, la quarantaine je dirais. Quelques rides creusent le coin de ses yeux et de sa bouche. Mais son regard est bienveillant, malgré qu'il soit d'un bleu translucide presque gris. Il ne m'en faut pas plus pour savoir qu'elle est aveugle.
Je me rends alors compte que la regarder pour qu'elle se présente ne servira à rien, mais avant que je ne puisse dire un mot, elle me répond d'une voix douce.

" - Et moi Raksha, je suis la propriétaire de ce lieu. Bienvenu parmi nous.
- Enchantée de faire votre rencontre, merci. "


Son infime gentillesse se lit aussitôt sur ses lèvres, quand elle me sourit d'une façon légère et tendre.

Je sens que je vais me plaire, ici.



~



Je sais. Un mois de retard. C'est la misère. Je m'excuse platement * s'incline* .
De plus, je n'ai plus de chapitre en réserve. Double galère. Mais ne vous inquiétez pas, j'aime cette histoire donc je la finirais ^^ . (Mais j'ai aussi commencé deux autres histoires dont une qui me plaît énormément... Je crois qu'elles vont passer en priorité, même si je ne les publierais pas tout de suite... ) .

Bref. Je vous remercie quand même de vos commentaires !
Beeez" ! <3 .

# Posté le mardi 10 juin 2008 13:04

Nouvelle histoire.

Nouvelle histoire.
Et oui, une nouvelle histoire ! Je sais, je sais. Je ne suis déjà pas capable de m'occuper d'Ilias-fic, il faut en plus que je crée une nouvelle histoire... Bah c'est comme ça.
Elle commencera la semaine prochaine et se trouve là :





Pour en revenir à Ilias, le prochain chapitre arrive bientôt... Il faut juste que je l'"affine" . Mais je pense que pour demain ce sera bon, promis ^^ .


Sur ce, bonne journée à toutes !
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# Posté le jeudi 19 juin 2008 07:29

Chapitre 6 .

Sixième extrait de ma vie.


30 Novembre 1998


" Entrez ! "

Aussitôt dit, aussitôt fait. Une petite tête brune ouvre la porte de ma chambre et me sourit de façon adorable.

" - Coucou Ilias. Tu viens faire un tour en ville avec moi ? Je dois aller faire des courses.
- Pas de problème Satya, j'arrive. "


Je pose le bouquin que j'étais en train de lire sur la petite table de chevet et me lève, froissant les draps de mon lit. Je rejoins ensuite la jeune femme déjà dans le hall de l'auberge. Une vraie gazelle, bondissant partout. J'apprécie cette joie de vivre, c'est tout de même remarquable.

" - Allez ! Dépêches-toi un peu ! "

Je souris devant son entrain et active le pas. Cela fait déjà dix jours que je suis ici, et je ne me lasse nullement de cet endroit. Peu à peu, je me fais à la chaleur étouffante et la lumière vive. Deux-trois voyageurs sont passés pour aussitôt repartir. Ne reste que Satya, qui semble avoir élue domicile ici, et moi.
Avec un peu de mal, je la rejoins. C'est qu'elle est plutôt rapide. Elle tourne vers moi son beau visage à la peau foncé et joviale, puis reprend la parole, toujours avec ce timbre enjoué.

" - Alors, pas pressé de repartir ?
- Je pourrais te retourner la question,
répliquais-je d'un ton malicieux.
- C'est vrai, rigole t-elle, je me sens tellement bien ici !
- Je te comprend. Mais pourquoi tu ne retournes pas dans ta ville natale ? Des gens doivent t'attendre là-bas, non ? "


Une grande complicité s'est installé entre nous. Je sais que je peux parler de n'importe quoi avec elle, ça ne la blessera pas. J'ai appris il y a peu qu'elle vient de Madras. Une ville situé tout au Sud du pays, sur la côte. Notre conversation sur son passé s'est arrêtée la veille, interrompue par la propriétaire qui a eu un problème avec la tuyauterie de la salle de bain.
C'est donc d'un ton léger que je relance le sujet, ce qui n'a pas l'air de la gêner.

" - Et bien, des gens m'attendent surement. Mais je n'ai envie de les revoir, me marmonne t-elle.
- Oh. Problème familiaux, sans indiscrétion ?
- Tu as tout compris !
elle s'arrête afin de vérifier sa liste, ils veulent me marier à un homme que je déteste, et puis quoi encore ? s'esclaffe t-elle, lançant ensuite, bon, il nous faut des tomates, des bananes, du poisson et du riz. Tu vas devoir porter, mon petit Ilias !
- Pas de souci,
dis-je, inquiet tout de même pour ma colonne vertébrale.

On parcourt quelques rues, s'arrêtant plusieurs fois pour acheter ce qu'il nous faut. Les marchands s'égosillent, vantant le mérite de leurs produits. Les gens cherchent, farfouillent, pesant le pour et le contre de tel ou tel aliment. C'est une ville animée, il n'y a pas à dire. Même si on se marche dessus, respire difficilement parmi la foule ou qu'on se fait bousculer, j'apprécie. C'est agréable, en quelque sorte.
J'ai déjà deux paquets de riz dans les bras, avec un sachet rempli de tomate jaunes et fraiches. Un régale ces légumes-là. Quand à Satya, elle porte le poisson et les bananes. On est sur le chemin du retour.
Toujours de façon joyeuse, elle me questionne.

" - Et toi, pas envie de retourner en France ?
- Oh ce n'est pas que je n'ai pas envie, mais j'ai des choses à faire, avant.
- Quoi donc ?
- Découvrir le monde,
dis-je d'une petite voix malgré moi. "

Même si cette envie est plus forte que tout, l'amour que je porte à ma famille est aussi intense. Je me bat vraiment contre moi-même pour ne pas y retourner. Vaut mieux qu'ils m'oublient, au fur et à mesure. Ce sera plus facile, autant pour moi que pour eux.
Je leur ai envoyé mes photos du Kenya, sans préciser où j'allais ensuite. Ils découvriront mon voyage en Inde une fois que j'en serais parti.
Une main s'agite devant mes yeux. Surpris, j'en sursaute avant de voir le visage de Satya, souriant.

" - Alors, tu rêves ?
me questionne t-elle, hilare.
- Oui, répondis-je, amusé. "

On termine le chemin en parlant de tout et n'importe quoi. Sujets anodins et sans grand intérêt, si ce n'est apprendre à se connaitre un peu plus.

Une fois de retour à l'auberge, je l'aide à ranger les courses. La propriétaire arrive, les traits toujours aussi bienveillants. Elle a une petite canne dans la main mais ne s'en sert que rarement.

" - Ilias ?
- Oui Madame ?
- Je crois qu'il y a un problème dans ma chambre. La fenêtre.
- J'arrive. "


Elle hoche ostensiblement de la tête et retourne à l'étage. Je finis rapidement le rangement avant de la suivre.

" - Hey tu fais quoi après ? intervient soudainement Satya. "

Je me tourne vers elle, étonné avant de lui répondre.

" - Rien de spécial, pourquoi ?
- Ça te dirait qu'on aille quelque part au couché du soleil ?
- Oui, pourquoi pas. "


Elle me sourit, je le lui rends puis file dans la chambre de Raksha.
Arrivé à destination, je vois la femme assise sur son lit, caressant un chat au poil ras et crème. Je m'approche de la fenêtre et remarque qu'effectivement il y a un problème. La vitre a été fissuré et rien qu'un petit coup suffirait à la casser.

" - Il faut changer le carreau, l'informais-je, il est prêt à partir en miette.
- Tu ne pas faire autrement ? Je n'ai pas l'argent nécessaire pour l'instant
- Hum...
je réfléchis un moment avant de répondre, je pourrais peut-être clouer des bouts de bois, au moins le vent ne s'engouffrera pas dans la pièce. Je la changerais quand vous en aurez. "

Elle accepte ma solution, m'autorisant à condamner pour un moment sa fenêtre. J'ai failli lui dire que la pièce serait plus sombre mais je ne pense pas que ça ait de l'importance pour elle. Je pars donc dans la cave chercher les matériaux avant de remonter et m'activer. Descendre puis monter deux étages me lance d'horribles douleurs au niveau de mon dos, mais je me force à les ignorer. En ce moment, j'ai comme l'impression qu'elles deviennent plus fréquentes et plus fortes. Enfin bon.

Une fois fini, c'est l'heure du repas. Je retourne donc dans la cuisine avec la propriétaire. Une délicieuse odeur se fait sentir, dilatant mes narines afin d'en baver d'avance. Je presse un peu le pas, n'écoutant nullement mes reins souffrants, et déboule dans la cuisine.
Satya se retourne, un grand sourire aux lèvres et une cuillère à bois dans la main.

" - Toujours le premier à ce que je vois.
- Ta cuisine donne tellement envie. "


Elle rie avant de servir les plats pendant que j'aide Asha - la dame de l'accueil - à mettre la table. Une fois ceci fait, tout le monde s'assied et on commence à manger. Comme toujours, les plats de la jeune fille sont extra. Elle nous a fait du riz au safran mijoté avec du saumon, un pur régal !
Une fois les assiettes vides voire même léché, je l'aide à débarrasser. Les deux femmes vont chacune dans leur chambre tandis que je reste avec Satya, à attendre ce qu'elle me prépare.
Au bout d'un certains moment, elle s'essuie les mains et se tourne vers moi, toujours avec ce sourire angélique.

" - Tu viens ? "

J'acquiesce et la suis tandis qu'elle sort de la pièce. La nuit tombe sur la ville, colorant le ciel d'une belle couleur rose-orangé. Mais la luminosité s'assombrit au fur et à mesure que le soleil disparait au loin, à l'horizon. Les ombres au sol, provenant des maisons sont en pleine croissance.
La jeune indienne [1] m'attrape la main avant de se mettre à marcher rapidement. Cela m'étonne qu'elle ne commence pas à courir. A travers ses doigts, je sens son envie de s'évader.
On marche longuement comme ça. Je ne me souviens plus de la route et me perdrais surement si elle n'était pas avec moi. Je crois que l'on traverse la ville jusqu'à sa frontière. Peu de personne sont encore dehors, tous chez eux. Hormis les sans-abris ou ceux qui travaillent tard. Mais y a pas à dire, la vie est moins dense le soir.

Après une bonne vingtaine de minutes à détaler, elle ralentit, pour le plus grand plaisir de mes muscles. J'halète silencieusement, ne voulant l'inquiéter mais je sens que je ne vais pas tarder à tomber dans les pommes si on continue. L'herbe d'une prairie a remplacé le ciment de la ville. Je me retourne, surpris, et remarque les lumières de quelques lampadaires au loin, à cinq cent [2] mètres environ.

" - Regarde, me dit-elle de sa douce voix. "

J'obtempère et lève mes yeux. Qui s'ouvrent aussitôt en grand, émerveillés par tant de beauté. On se trouve sur une sorte de colline. En bas, face à nous, à deux kilomètres je dirais, se trouve un lac. Pas énorme mais de taille imposante. Les derniers rayons du soleil s'étirent tout au long de la surface, faisant étinceler l'eau de mille feux. Et juste à droite du lac, se trouve une petite rivière qui y plonge ou qui y part, je ne sais trop.
Satya s'assied et je la suis dans son mouvement. Un vif tiraillement se fait ressentir au niveau de mon dos - pour changer - mais je n'y prête guère attention. Le spectacle est trop beau.

" - Ça ne te rappelle rien ? me demande t-elle dans un murmure, ne voulant briser la magie de ce lieu.
- Hm... "

Effectivement, cet endroit ne m'est pas inconnu. Mais je ne suis jamais passé ici, j'en suis certain. Une photo peut-être ? Dans ce cas elle ne m'aurait pas posé cette question. Je chercher à toute vitesse, ayant la réponse au bout de la langue. Elle me donne un indice.

" - Imagines une jungle autour. "

Les formes des arbres se dessinent aussitôt dans mon esprit, comme par enchantement. J'ouvre ma bouche en grand, yeux écarquillés.

" - Le tableau dans l'entrée !
- Exact
, me sourit-elle.
- Mais, et la jungle ? lui demandais-je, étonné.
- Rasée. "

Son mot est acide ce qui ne me surprend pas venant d'une amoureuse de la nature. Une certaine mélancolie s'empare de moi. Déjà que cet endroit est magnifique, je n'ose penser à ce qu'il serait si les hommes n'avaient pas décidés de gâcher tout ça. Je soupire.

" - Depuis longtemps ?
- Cinq ans environ. "


Heureusement, ils ont laissés le lac comme il est. Mais des animaux ont dû périr, privés de leur environnement naturel.
L'humanité est si cruelle...


~


[1] J'ai fais quelques recherches mais je ne suis pas sure qu'on appelle les habitants de l'Inde des Indiens...
[2] Gros trou de mémoire, je ne sais plus si on accorde avec "cent"... Y a une règle qui existe mais 'me rappelle plus. Et puis je n'aime pas mettre des chiffres dans un texte ^^' .


~


Enfin ! Bah oui, enfin x) . Long chapitre cette fois, histoire de me faire pardonner.
Merci encore et toujours de votre présence <3 .
Chapitre 6 .

# Posté le vendredi 20 juin 2008 09:37

Modifié le samedi 21 juin 2008 06:09